Voilà ce qui arrive quand on n'appelle pas un chat un chat !

 

ystérieuse Lilas, une nouvelle de Mohamed Ahil

 

 

Il y avait longtemps, peut être cinq ou six mois que je ne l’avais pas revu. J’étais inquiet. J’avais rencontré quelques unes de ses amies au coin d’une rue ou dans le square, mais depuis plus aucune nouvelle d’elle.

Elle était grande, fière, des yeux couleurs d’Agathe soulignés d’un trait noir qui lui donnait un air coquin !

Chaque soir, quand je descendais en bas de chez moi ; j’espérais la trouver là.

Et puis un soir, elle réapparut. Elle était très amaigrie, comme si son absence prolongée avait pour origine une longue maladie.

Je ne lui connaissais personne pour s’occuper et prendre soin d’elle.

J’aurais bien voulu l’appeler mais je n’osais pas…

Je ne l’avais jamais approchée et je savais qu’à la moindre parole elle se sauverait.Je ne restais pour elle qu’un simple inconnu.

Un jour, bien au-delà de mes espérances, elle me suivit jusqu'à mon appartement. Je lui parlais de moi pendant qu’elle partageait mon dîner, une terrine de volaille accompagnée de petits légumes. Je désirais lui offrir la quiétude d’un foyer mais je ne voulais pas la presser. Elle revint  me voir chaque soir, alors que je n’y croyais plus. Elle finit pas poser délicatement sa tête sur mes genoux et s’endormit, ce qui eut pour effet de m’assoupir également. Au petit matin, Lilas me réveilla.

Elle miaulait discrètement comme pour ne pas trop me brusquer.

J’étais ravi de la retrouver.       

 

 

 

 

 

encontre par un temps de chien, une nouvelle de Cynthia Pasquet

 

Le réveil sonne tandis que les rayons de lumière traversent déjà les volets, amenuisant l'obscurité de la chambre.

Il se blottit contre elle. Elle lui rend son étreinte puis se lève. Elle prépare leurs petits déjeuners respectifs. Chacun ses habitudes alimentaires, elle connaît le régime particulier de son bien-aimé mais elle s'en moque, chacun mange ce qu'il veut du moment que cela lui convient. Il arrive dans la cuisine de cette démarche qui lui est propre, à la fois tendre et féline, légère et souple, si gracieuse qu'elle saurait reconnaître entre mille.

Elle l'embrasse, elle l'aime.

Il est rentré dans sa vie un jour particulièrement maussade d'automne. Il pleuvait des cordes, elle rentrait d'un week-end chez ses parents. Elle écoutait la radio et se sentait seule dans l'habitacle de sa voiture. La pluie tapait contre le pare-brise avec force, elle ne voyait pas à trois mètres. Soudain elle l'aperçut, fit une embardée puis se gara sur le bas-côté.

Elle courut à sa rencontre, il lui fit signe qu'il n'avait rien, elle fut soulagée. C'est alors que leurs yeux se croisèrent, les siens d'un vert olive magnifique et hypnotisant, et à partir de ce moment, un courant magnétique unique les unit.

Il était totalement trempé, elle l'invita à se sécher dans la voiture. Finalement elle le raccompagna, ils dînèrent ensemble et elle le ramena chez elle. Il n'en partit plus. C'était il y a deux mois.

Une fois le petit déjeuner terminé, elle se dépêche de s'habiller, l'aide à accrocher sa chaîne qu'elle lui a offert pour Noël et ils sortent. Ils passent devant le grillage mitoyen des deux maisons sans un regard ni un mot aux voisins : si on voulait parler de leur relation, l'expression « s'entendre comme chat et chien » serait parfaite. Elle s'installe au volant, il s'installe à sa droite. Il n'attache jamais sa ceinture. C'est une mauvaise habitude que sa concubine ne supporte pas. Elle a beau lui faire la morale, il fait la sourde oreille. Le voyage se fait en silence même si ils échangent de longs regards langoureux. Elle se gare, ils descendent. Elle rentre dans son magasin préféré, il l'attend dehors. Il ne rentre jamais dans ses magasins mais elle ne se gêne pas pour l'accompagner dans les siens et régir ses achats. Cela l'énerve au plus haut point mais il l'aime et il sait que cela lui fait plaisir alors...

Elle sait que quelqu'un comme lui n'aime pas sortir, n'est pas trop de la ville et préfère la campagne mais elle espère qu'il s'habituera.

Aussi, elle l'emmène au restaurant, il mange toujours selon une liste d'aliments restreints mais il s'autorise quelques écarts en goûtant aux plats qu'elle a commandé.

Leur rituel dominical s'achève par une petite ballade, elle lui pose des devinettes mais il donne toujours sa langue au chat. Ils changent d'itinéraire toutes les semaines mais elle n'a pas peur de se perdre : elle sait qu'il a un grand sens de l'orientation, encore une de ses nombreuses qualités...

Ils rentrent enfin. Elle est fourbue et s'affale sur le canapé. Il s'allonge contre elle et ils s'abandonnent ainsi pendant un moment profitant du bonheur d'être ensembles. Il éternue, elle espère qu'il n'est pas malade, il déteste les médecins, les piqûres et tout ce qui va avec. Ca le met dans une humeur de chien el elle culpabilise de l'y emmener. Il se lève et disparaît. Elle en profite pour se redresser et allumer la télé puis elle pose la télécommande sur l'accoudoir. Il revient et appuie sur la zapette, changeant la chaîne. Elle râle, lui aussi. Puis, trouvant cet emportement puéril, elle se calme. Alors il vient demander du réconfort en se blottissant contre elle. Elle passe alors son bras autour de son corps tout chaud et agrippe sa main dans son doux pelage de chat...

 

 

 

 

 

ne vie de chien ! une nouvelle de Louise-Marie Drogo

Je m'appelle Jack et mon histoire commence dans la petite bourgade de Merinchal, par un coup de foudre. Dès que nous nous sommes vus, nous avons tout de suite su que nous étions faits l'un pour l'autre. En fait, c'est allé très vite : nous avons emménagé ensemble, puis nous ne nous sommes plus quittés. Elizabeth est anglaise, c'est une femme délicieuse qui a vraiment du chien. Même si je ne travaille pas, notre couple fonctionne à merveille.


Ma plus grande souffrance ? C'est lorsqu'elle s'en va le matin .je trouve notre lit froid et vide, je me sens si seul. J'attends avec hâte que la journée se finisse pour qu'Elizabeth me revienne. Je sais, dès que l'ascenseur s'active vers 17h30, que c'est elle. Alors je me prépare à lui prouver combien j'ai attendu le moment de son retour. Je vous assure que dès qu'elle entre dans la pièce les battements de mon coeur sont comparables à un roulement de tambour et ma journée s'illumine. Je la regarde avec impatience préparer le dîner, puis nous allons nous balader dans le parc. Il fait si bon le soir sous les arbres, je sais qu'elle aime cette odeur de feuilles mouillées l'hiver, et l'air tiède, l'été. Nos balades sont devenues une habitude. Nous rentrons ensuite nous coucher l'un contre l'autre, et nos corps ne font plus qu'un. Mon bonheur, c'est Elizabeth.


Un matin, la journée avait commencé comme d'habitude. Je l'ai attendue toute la journée, l'ascenseur s'est mis en marche, j'ai accouru vers la porte d'entrée. Mais ce soir-là, ma maîtresse était avec un autre homme et je compris que je ne suffirais jamais à combler Elizabeth entièrement. Je rejoignis tristement mes deux meilleurs amis, mon panier et ma balle.


Je m'appelle Jack Russel et je viens de vous conter ma vie de chien.

 

 

 

 

 

eter, une nouvelle d'Orphée Guimendego

 

Peter, je le considère comme le deuxième homme de ma vie. Il m’assiste tous les jours. Nous faisons tout ensemble, il dort même avec moi quand mon mari n’est pas là. Son corps est tellement tendre que je ne peux m’empêcher de le serrer contre moi. Il adore quand je l’embrasse. Dans ses yeux verts, je ressens cet amour qu’il a pour moi.

Ah, sacré Peter ! On s'est rencontré dans la rue, je l'ai aperçu allongé par terre, alors que la pluie tombait et que la faim le torturait…

Heureusement pour lui, j’avais quelque chose à grignoter dans mon sac... Et il me suivit jusqu'à la maison. Je dus mentir à mon mari pour l’avoir à la maison. Je suis vraiment heureuse quand je le vois dormir sur le canapé. j’aurais préféré le voir dormir sur mon lit mais si mon mari le voit…

Aujourd’hui nous sommes allés faire du shopping. Maintenant, il sera protégé contre le froid quand il se promènera dehors. Mes amies seront certainement jalouses de mon petit Peter.

A la moindre flaque d’eau, je le prends dans mes bras, il ronronne de plaisir et miaule tendrement.

 

 

 

 

 

'Africain

 

Il était musclé, puissant... Il avait dû faire des heures et des heures de course pour avoir cette musculature-là.
Je ne suis pas une voyeuse mais j'apprécie ce qui est beau et ce mâle-là était magnifique.

Il avait une toison châtain parsemée de reflets dorés, qui lui tombait en fines mèches sur les épaules et retombait en arrière avec un effet laqué. Il avait des yeux verts avec une étincelle à l'intérieur qui lui donnait un regard pétillant. Je n'en avais jamais vu d'aussi beaux.


Nous nous fixâmes un instant, puis nous tournâmes la tête vers le guide lorsqu'il annonça :
« Et voici notre lion d'Afrique. D'ailleurs, il vient de prendre un bain » rigola-t-il.


 

 

 

 

n individu pas comme les autres, une nouvelle de Noureddine Youcefi et Nawel Jarboui

 

On voyait le soleil se lever, l'heure était venue pour notre ami de se réveiller. Il vivait dans une ferme. Sa maison était faite en bois, il y habitait avec sa famille. Il n'était pas très moderne, si bien que chez lui il n'y avait pas de télévision, ni de téléphone, de toute façon il n'avait même pas l'électricité, et il allait chercher son eau a la rivière.
Il passait ses journées avec les animaux car ils étaient comme ses frères, de plus, il a passé toute sa vie à leurs côtés. ça n'était pas la vie parfaite mais c'était la sienne et il s'en contentait.


Un jour, il eut envie d'aller se balader, il marchait en sautillant quand il arriva à la route, où il vit une voiture qui fonçait à toute allure vers lui. Malheureusement, il ne put éviter la voiture qui le percuta de plein fouet. Le conducteur sortit de la voiture, l'air angoissé puis s'écria :
« Oh non ! J'ai écrasé un écureuil. »

 

 

 

 

 

ernard et moi, une nouvelle de Soline Savorat

Nous habitions dans un petit appartement, Bernard et moi. Cela faisait trois ans que nous vivions un amour passionnel. Entre nous, Bernard était un peu fainéant, il passait toutes ses journées à la maison, mais cela m'était égal, je l'aimais. Je n'avais d'yeux que pour lui. Moi, j'étais photographe, mais pas n'importe quelle photographe ! J'étais photographe animalière. J'adorais prendre les animaux en photo, Bernard ne comprenait pas cet amour pour la photographie, cela l'affolait lorsqu'il voyait des chats en photo. Bernard était allergique aux chats.

Quand je rentrais le soir, mon Bernard m'attendait sur le petit fauteuil de cuir noir, en face de la télévision. J'aimais le soir car nous nous retrouvions, Bernard et moi. Je l'embrassais et lui demandais comment s'était passée sa journée. Le soir quand nous regardions la télè, Bernard avait l'habitude de mettre sa tête sur ma cuisse. Puis nous allions nous coucher. Bernard avait une drôle de façon de dormir, il se mettait sur la couette.

Un matin, je partis au travail, comme d'habitude, après avoir regardé mon Bernard qui dormait encore. Ce soir-là, quand je rentrai, Bernard m'attendait derrière la porte, il me regarda avec sa tête de chien battu, je compris tout de suite son envie d'aller de balader. Je l'aidai à mettre son manteau. Nous arrivions dans le parc. Je pris la balle qui étais dans mon sac, la lançai, Bernard courut après. Il me la rapporta et je lui dis : « Bravo, mon chien ! » en lui donnant une caresse.

 

 

 

 

 

 

e la haine à l'amour, une nouvelle de Sharon N'Dubula


Il est la meilleure chose qui me soit arrivée. Il est mon confident, il me comprend et est toujours là pour moi. Ce que j'aime chez lui c'est sa façon de se comporter avec moi, il est serviable et sait comment me mettre à l'aise. Il est doux, gentil, l'idéal pour passer des moments chaleureux et inoubliables. Et il a tellement de qualités que je prendrais beaucoup trop de temps pour tout citer.


Sans doute devez-vous vous dire que j'en fais un peu trop, alors qu'avant je ne l'aimais pas, je le trouvais grincheux et doté d'un fort mauvais caractère. Pourtant un jour, je le vis mal en point et abattu. Ses yeux transmettaient un message de détresse et de souffrance. Contrairement à ce que j'aurais pu penser, j'eus de la compassion pour lui et je lui vins en aide. Après cela, je sentis se dégager de lui de la douceur et de l'affection pour moi. Puis il me fixa et se rapprocha. Il me caressa, je frémis et il se mit à aboyer. A partir de là, je sentais que j'allais aimer ce chien.

 

 

 

 

 

ustin Bridou, une nouvelle de Louis Morlec

Le jeudi 24 novembre, Justin avait un rendez-vous important. Il vinrent le chercher : il monta dans une grande voiture blanche. Le chemin était long, interminable... De plus, les conducteurs étaient taciturnes, d'une froideur qui se lisait sur leurs visages. Justin crut presque à un enlèvement. Tout le long du trajet, il cria sans cesse. Puis la voiture sortit de la ville et s'en éloigna. Quand soudain la voiture s'arrêta, deux hommes le fit descendre pour l'emmener dans un grand bâtiment. Il traversa des couloirs et des pièces lugubres. Justin était sensible à ce qu'il voyait, il se sentait forcé, alors il cria encore. Les hommes l'emmenèrent dans une pièce toute sombre et étroite. Puis ils l'enfermèrent. Les murs étaient durs et froids tout comme le sol. Il tenta de trouver une issue, ce fut un échec. Il était coincé là. Une seule et faible lumière éclairait la pièce. Une odeur horrible était présente. Cet endroit empestait la mort.

Quand soudain trois hommes en grande blouse blanche entrèrent dans la pièce, l'un d'eux cria : « Egorgeons ce porc ! »

 

 

 

 

 

 

ie de couple, une nouvelle de Clément Blanchard et Rémi Chambolle

 

Il dort, elle le regarde. Elle le trouve tellement beau. Elle va dans la cuisine et se prépare son petit-déjeuner. En mangeant, elle ne pense qu'à lui. Elle s'assoit sur le canapé et allume la télé. Il se lève, s'assoit à côté d'elle sans dire un mot. Elle le caresse délicatement, il semble apprécier. Elle se met à le taquiner et ils jouent ensemble. Elle part se laver et il se sent seul. Etonnement, elle finit rapidement, elle va le voir et elle lui dit : « Allez, on va au marché ! ». Il n'a pas l'air enchanté. Sur la route, il a l'air pressé et marche en tête. Elle lui demande pourquoi il est si pressé mais il ne répond pas. Elle lui demande de marcher moins vite. Il s'exécute. En rentrant, il s'installe sur le canapé et elle s'occupe des tâches ménagères. Il somnole en faisant semblant de regarder la télé, lorsque quelqu'un sonne à l'entrée. Elle se précipite, il ne réagit pas. Elle ouvre. C'est Marine, une amie. Marine entre en saluant et le regarde. C'était sûrement la première fois que Marine le voyait. Elle chuchota à son amie :
« Il est très mignon, comment s'appelle-t-il ?
- Tom. »
Et elle ajoute d'un ton plein de malice :
« Il est à moi !
- Où l'as-tu dégoté, celui-là ?
- A la S.P.A. : ses maîtres l'avaient abandonné ! »

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